LES BILLETS FRANÇAIS...

L'HISTOIRE DES BILLETS FRANÇAIS...

L'HISTOIRE DES BILLETS FRANÇAIS…


1. LES GRANDES ETAPES…

1.1. DANS LE MONDE
Le papier monnaie a été inventé en Chine vers la fin de la dynastie Song (960-1272). On pense que les premières émissions eurent lieu vers 1260, mais il semble qu’aucun exemplaire n’ait été retrouvé à ce jour. On connaît quelques rarissimes billets émis sous la dynastie des Yuan (1264-1368). La Banque de France détient dans ses collections un exemplaire très rare, réalisé sur de l’écorce de mûrier, datant du 15ème Siècle. Il est regrettable qu’à son époque, les récits de Marco Polo (1254-1324) aient pris figure de fables. S’il avait été pris au sérieux, nul doute que l’imprimerie, inventée en Chine en 593, se serait répandue en Europe bien avant le 15ème Siècle.

1.2. EN EUROPE
En Europe, le billet au porteur n’apparaît que dans la deuxième moitié du 18ème Siècle.
La première Banque d’Émission est celle de Stockholm, créée en 1656 par Johan Palmstruch. Ce commerçant suédois remarque que la régularité dans le retrait des espèces peut dispenser une banque de conserver en réserve l’intégralité des fonds qui ont été déposés. En 1661, il fait émettre des billets au porteur, remboursables en espèces sur simple présentation. Ces billets ne tardent pas à remplacer les espèces dans les paiements. Mais en 1663, la Banque de Stockholm est confrontée à de grosses difficultés et doit suspendre ses paiements. Elle est alors transformée en Établissement Public qui se garde pendant longtemps d’émettre des billets.
La deuxième Banque d'Émission est celle d’Angleterre, créée en juillet 1694 par William Paterson. Le montant de l’émission des billets ne peut excéder celui de son capital qui est de 1 200 000 £ et traversera néanmoins de nombreuses crises avant de devenir la Banque Centrale de l'Angleterre.

1.3. EN FRANCE
L’idée de créer une Banque en France remonte à 1608. Les statuts de celle-ci sont soumis par l'avocat Pierre de Fontenu et sont approuvés par le Conseil d’État. Toutefois, le projet ne sera jamais appliqué.
C'est par la volonté de Bonaparte, Premier Consul, que le 20 février 1800, naît la Banque de France, Place des Victoires à Paris.


2. LES PREMIERS BILLETS FRANÇAIS…

2.1. LES BILLETS DE MONOYE
Les billets de Monoye sont la conséquence directe des manipulations monétaires ou réformations décidées par le roi Louis XIV entre 1689 et 1709, pour procurer des revenus à la Couronne. En 1701, le Trésor décide une refonte générale des pièces d’or et d’argent, mais, manquant de numéraire pour rembourser en espèces les déposants, on utilise des reçus remboursables. Les intérêts servis aux grosses coupures sont eux-mêmes payés en billets d’intérêts. Ils seront supprimés par la déclaration du 1er février 1711. Ceux qui sont encore en circulation seront transformés en rentes et à partir de 1715, en billets de l’Estat.

2.2. LES BILLETS DE L'ESTAT
Le 7 décembre 1715, il est décidé de créer une nouvelle monnaie en papier. Les billets de l’Estat devront permettre de rembourser les billets émis avant le 1er septembre 1715. Après des essais infructueux de résorption, notamment par la création d’une loterie à 25 sols le billet, les billets de l'Estat seront pris en charge par la Banque de Law.

2.3. LES BILLETS DE LA BANQUE DE LAW
L’Écossais John Law professe que la création monétaire est le moteur de la croissance économique et persuade le Régent Philippe d’Orléans qui l’autorise à créer en 1716 la Banque Générale au capital de 6 millions de Livres (1200 actions de 5000 £). Cette nouvelle banque pourra recevoir des dépôts, escompter des effets de commerce, effectuer des paiements pour les particuliers et surtout émettre des billets libellés en Écus. La Banque Général est appréciée pour son côté pratique et gagne la confiance de ses clients.
En décembre 1718, l’État rachète les actions des propriétaires de la Banque Générale et la transforme en Banque Royale. Les billets sont dès lors libellés en Livres Tournois. Ils sont d’abord gravés puis typographiés pour pouvoir en imprimer davantage. Le montant de l’émission passe de 50 millions de Livres fin 1718 à plus d’un milliard un an plus tard.
De son côté, John Law crée la Compagnie des Indes qui reçoit le monopole du commerce avec les colonies d’Amérique du Nord et le privilège de la fabrication des monnaies. En 1720, la Compagnie des Indes prend la direction de la Banque Royale, mais l’émission abusive de billets et les difficultés de la Compagnie des Indes (les colonies d’Amérique du Nord sont loin d’être aussi riches qu’on le pensait) font que les demandes de remboursement se multiplient et la Banque Royale qui a mis en circulation des billets pour une valeur bien supérieure à celle de son encaisse métallique, fait faillite en 1720.

2.4. LES BILLETS DE LA CAISSE D'ESCOMPTE
Il faudra attendre 56 ans (mars 1776) pour revoir la création d’un Établissement d'Émission, auquel on se gardera bien de donner le nom de « Banque » : la Caisse d’Escompte.
Cette création, à l’origine de laquelle se trouve le Banquier Suisse Panchaud, est destinée à pallier le manque de numéraire et le besoin de crédit, exprimé par les industriels et les commerçants. Sa mission principale sera d’escompter les effets de commerce, mais aussi de servir de caisse aux particuliers et de recevoir des dépôts d’or et d’argent. Elle émet à compter de 1777, des billets de 200 et de 300 £ imprimés en rouge et des billets de 600 et de 1000 £ imprimés en noir.
Son fonctionnement donne satisfaction jusqu’à la Révolution Française où elle se détourne de son objectif initial pour assumer les besoins de l’État qui emprunte jusqu’à 400 millions de Livres. C’est donc un établissement qui a perdu ses caractéristiques d’origine et qui sera fermé par la Convention le 24 août 1793 (il est à noter, qu'anticipant la création des Assignats, des Promesses d’Assignats circulent sur d'anciens billets de la Caisse d’Escompte).

2.5. LES ASSIGNATS
En décembre 1789, l’Assemblée Constituante lance un emprunt de 400 millions de Livres sous forme d’émission d’Assignats de 200, de 300 et de 1000 £. Papiers non convertibles en monnaie métallique mais assignés (gagés) sur le produit de la vente des biens du Clergé. Dès l’automne 1790 les émissions se multiplient et des coupures de 100 puis de 50 £ sont créées bientôt suivies par d’autres de 5 £, puis de 25, de 15 et de 10 Sols.
En dépit de cette création de petites valeurs faciales, un manque de petite monnaie destinée aux paiements courants se fait sentir et des municipalités émettent leurs propres billets appelés « Billets de Confiance » (ces émissions mal perçues par la Convention, les interdit dès 1792).
Les émissions d'Assignats se poursuivent à un rythme effréné et entraînent la défiance du public. La Convention tente de forcer la monétisation de l’Assignat par une série de Décrets qui rend son utilisation obligatoire pour tous les paiements. Lorsque le Directoire succède à la Convention en 1795, la valeur réelle des Assignats ne correspond plus qu’à un centième de leur valeur nominale. L’effondrement est dramatique pour la population, il entraîne une hausse des prix, des émeutes et conduisent le Directoire à envisager leur retrait. Le 30 pluviôse an IV (19 février 1796), 890 millions en Assignats et le matériel ayant servi à leur fabrication seront détruits publiquement place Vendôme (il est à noter qu’à compter de 1795 seront émis des Assignats en Francs).

2.6. LES MANDATS TERRITORIAUX
Les Mandats Territoriaux créés par le Directoire le 18 mars 1796 sont échangés contre des Assignats à raison de 30 pour 1. La circulation du papier monnaie s’en trouve provisoirement diminuée et le manque de confiance dans ces Mandats entraîne leur chute.


3. LES BILLETS DE LA BANQUE DE FRANCE…

Ces expériences malheureuses sont très importantes pour la Banque de France dont la création le 20 février 1800 est très proche de la destruction des Assignats place Vendôme. Ainsi les premiers billets auront une valeur faciale très élevée (500 et 1000 Francs) avec un strict plafond d’émission à ne pas dépasser.

QUELQUES CARACTERISTIQUES ESSENTIELLES
La Banque de France, dès 1800 imprime elle-même ses billets (mission qu'elle assure encore aujourd’hui) ;
La Banque de France a toujours cherché à devenir indépendante de ses fournisseurs en créant Biercy en 1875 puis Vic le Comte pour la papeterie et Chamalières pour l'imprimerie en 1920 ;
La Banque de France s’emploie depuis sa création, à émettre des billets présentant la plus grande sécurité possible. Ceci, en mettant en œuvre tous les moyens techniques connus pour que les billets soient dignes de confiances et qu’ils méritent leurs noms de « Monnaie Fiduciaire ».

L’Histoire des billets émis par la Banque de France peut se découper en grandes périodes, qui suivent chronologiquement les principales étapes de la fabrication des billets et/ou des styles utilisés.

3.1. L’IMPRESSION À L'ENCRE NOIRE
Les premiers billets émis par la Banque de France portent le nom de la Caisse de Comptes Courants, établissement créé en 1796, que la Banque de France absorbe le 15 février 1800, soit 5 jours avant l’ouverture de ses guichets. Ces billets ont une valeur faciale de 500 et de 1000 Francs et sont estampillés d’une surcharge « Payable à la Banque de France » apposée dans le bas du billet. Ils sont imprimés en noire sur un papier blanc filigrané et sont unifaces avec un talon.
Plusieurs artistes ont présidé à la confection de ces deux billets : Charles Percier, l’un des architectes préférés de l’Empereur a dessiné les billets, Bertrand Andrieu célèbre médailliste a gravé les ornements et Firmin Didot les textes. Ces deux billets sont ornés de motifs floraux et géométriques. Sur celui de 500 Francs apparaissent en outre les portraits de Vulcain, d'Apollon, de Cérès et de Poséidon (influence de la découverte de Pompéi dans la deuxième moitié du 18ème Siècle) ainsi que différents symboles tels le Compas, l’Équerre, la Balance et le Coq.
Fa01-Recto Le billet de 500 Francs - Type Caisse de Comptes Courants
Fa02-Recto Le billet de 1000 Francs - Type Caisse de Comptes Courants

Rapidement (dés juin-juillet 1800), le nom du véritable émetteur est mentionné sur les coupures dont on conserve la vignette mais sur lesquelles on remplace « Caisse de Comptes Courants » par « Banque de France ». De même, la formule « Vu par nous Administrateurs » est remplacée par « Vu par nous Régents ». Aussi bien les coupures surchargées que modifiées portent le nom de « Type Ancien » pour bien indiquer qu’il s’agit là des premières coupures émises.
Fa03-Recto Le billet de 500 Francs - Type Ancien

La loi du 24 germinal an XI (14 avril 1803) accorde à la Banque de France le privilège d’émission pour une durée de 15 ans sur le rayon d’action de Paris. Les 5 autres établissements qui émettent des billets à savoir : la Caisse d’Escompte du Commerce, la Banque Territoriale, le Comptoir Commercial, la Factorerie du Commerce et la Caisse d’Échange des Monnaies doivent les retirer de la circulation avant le 23 septembre 1803. L’importance de cette loi est démontrée par le fait que les billets émis après sa promulgation portent la mention en bas du billet « LOI DU 24 GERMINAL AN XI ».
Ces billets dits « Germinal » ont été réalisés par les mêmes auteurs que les précédents. L’iconographie du billet de 1000 Francs est un raccourci de la devise de la Banque de France « La Sagesse fixe la Fortune » héritée de la Caisse de Comptes Courants. Les deux statues figurant à droite et à gauche représentent Minerve la Sagesse, la Fortune est représentée avec un Gouvernail et une Corne d’abondance. Cette devise exprime une forte volonté de se démarquer des expériences traumatisantes du passé.
Fa05-Recto Le billet de 1000 Francs - Type Germinal
Fa06-Recto Le billet de 500 Francs - Type Germinal

Ainsi la valeur faciale des billets est très élevée, puisqu’en 1803 le salaire moyen d'un ouvrier est de 1,50 Franc par jour, soit sur une année à peine l’équivalent d’un billet de 500 Francs. Ce n’est qu’en 1847 qu’on assiste à l’émission d’un billet de 200 Francs. Il est extrêmement intéressant de remarquer que cette Loi capitale pour la suite de l'histoire, coïncide à quelques jours près avec la Loi qui crée le Franc Germinal (7 avril 1803), ce Franc dont la stabilité durera plus d’un Siècle, favorisera la création de l’Union Latine et ne sera mise en péril que sous l’effet d’une catastrophe mondiale : la Première Guerre mondiale.
Il faut noter que le premier souci de la Banque de France est de doter ses billets de tous les procédés susceptibles de les protéger des contrefacteurs. Outre la qualité du dessin et de la gravure réalisée par des artistes réputés, d’autres éléments contribuent à assurer la sécurité ceux-ci : le Talon, le Filigrane ou les Légendes colorées inclus dans le papier, le Timbre Sec, le Timbre humide et l'Impression à l'Identique qui sera utilisée de 1831 à 1862 sur presque toutes les coupures (procédé qui consiste à imprimer au verso la même vignette qu’au recto, cette image apparaît alors inversée).
Les années 1813 et 1814 sont marquées par des revers militaires ayant une influence néfaste sur le monde économique et politique. Devant la crainte d’une invasion ennemie et pour réduire la circulation des billets, la Banque de France décide de brûler pour 173 millions de Francs de billets. Le 31 mars 1814, les Cosaques bivouaquent sur les Champs Elysées mais dès le 1er avril des signes d’apaisement se font sentir. Le Tsar déclare ne pas vouloir inquiéter la Banque de France et met donc en circulation d’urgence une nouvelle coupure de 1000 Francs d’une simplicité extrême (c’est sur ce billet qu’apparaît pour la première fois la phrase « La loi punit de mort le contrefacteur »).

Ouvrons une parenthèse pour évoquer les châtiments réservés aux contrefacteurs :
Les contrefacteurs d’Assignats sont punis de la peine de mort. Cette disposition est reprise par la Banque de France à sa création, mais la peine sera commuée en travaux forcés à perpétuité en 1832, puis en réclusion criminelle à perpétuité en 1960. Enfin, les nouvelles dispositions du Code pénal (loi du 22 juillet 1992) réforment le châtiment à trente ans de réclusion criminelle et trois millions de Francs d’amende.


En 1817, la Banque de France crée 2 nouveaux billets : l’un de 500 Francs dessiné par Charles Normand et gravé par André Galle et l’autre de 1000 Francs dessiné par Normand et gravé par Andrieu. Le billet de 1000 Francs est précédé d’un billet de 1000 Francs Type 1814 dit « Provisoire ».
Fa09-Recto Le billet de 1000 Francs - Type 1817 - Définitif

Les coupures de 1827 subissent quelques aménagements dans les années suivantes. La date de création, jusqu’alors manuscrite, est imprimée. En 1829, le Timbre à l’Identique disparaît pour laisser la place à deux cartouches circulaires dans lesquels sont inscrites en toutes lettres les peines infligées par le Code Pénal et à partir de 1831, l’Impression à l’Identique est utilisée jusqu’en 1862.
En 1842, la Banque de France change le type de ses coupures de 1000 Francs et de 500 Francs. Elle fait appel à Jean-Jacques Barre, le célèbre Graveur Général des Monnaies, créateur des premiers timbres-poste et du Sceau de l’État (toujours utilisé de nos jours). Le travail de Barre se caractérise par la finesse des tailles qui opposent la plus grande difficulté au décalque.
Selon la description officielle :
Le billet de 1000 Francs représente deux Hercules accroupis supportant à droite et à gauche des groupes de femmes vêtues à l’antique. La Loi et la Justice s’appuient, au bas du billet, sur une console que surmonte le coq gaulois. Deux génies ailés soutiennent dans la partie supérieure un médaillon qui laisse voir l’Amour appuyé sur un Lion.
Fa18-Recto Le billet de 1000 Francs - Type 1842 - Définitif

Le billet de 500 Francs présente une forme ovale destiné à la distinguer du billet de 1000 Francs. Dans sa partie supérieure apparaît un caducée (emblème de Mercure) dans un cartouche supporté par deux génies. À droite et à gauche, deux médaillons montrent des têtes antiques et sont surmontés de deux amours. Dans la partie inférieure, la Loi, tenant ses tables est assise entre deux enfants. Tous ces motifs sont reliés entre eux par un ornement composé de dessins symboliques.
Fa17-Recto Le billet de 500 Francs - Type 1842

L’encre utilisée pendant la première moitié du 19ème Siècle est de couleur noire (la seule dont on connaisse parfaitement la composition).
Cependant on doit signaler une exception : En 1846 on émet un billet de 5000 Francs, imprimé en réutilisant la vignette du billet de 1000 Francs Type 1817 à l’encre rouge. Il n’est émis qu’à 4000 exemplaires et ne connaît que peu de succès auprès du public. Il est à noter que ce billet donne lieu à une pratique particulière : Pour se prémunir contre les vols observés lors des envois postaux, les Receveurs Généraux, sur prescription du Ministère des Finances, coupent les billets en deux afin de les envoyer par des courriers différents, ce qui leur retire toute valeur. Cette pratique se diffuse dans le public et la Banque de France, qui se refuse à remettre en circulation des coupures séparées, en assume le coût.
Fa19-Recto Le billet de 5000 Francs - Type 1846

Pour faire face à une demande de plus en plus pressante du public, le législateur abaisse la valeur faciale du billet. En 1847 est émis un billet de 200 Francs qui prendra deux aspects différents :
Le 1er type (le plus répandu) reprend la vignette ovale du billet de 500 Francs Type 1817 ;
Le 2ème type, celle du billet de 1000 Francs Type 1817.
Ce billet de 200 Francs est reconnaissable grâce à la couleur chamois du papier. C’est également sur ce billet qu’est mis en œuvre pour la première fois, le procédé galvanoplastique inventé en 1837 (la galvanoplastie reproduit en toute fidélité la planche originale d’un billet et permet d’imprimer plusieurs billets à la fois. A noter que jusque là, il n’existait qu’une planche pour chaque type de billets).
Une année plus tard, en 1848, intervient une nouvelle diminution de la valeur faciale avec un billet de 100 Francs qu’il faut replacer dans son contexte historique. En effet la proclamation de la 2ème République le 25 février 1848 déclenche un mouvement de panique qui fait affluer les porteurs de billets aux guichets de la Banque de France. Cette proclamation est également à l’origine de l’instauration par décret le 15 mars 1848 du cours forcé (les billets ne sont plus remboursables ce qui explique la suppression de la mention « Il sera payé en espèces, à vue et au porteur » jusqu’en 1850). Ce même décret autorise la Banque de France à émettre des billets de 100 Francs afin de faciliter la circulation monétaire.
Pressée par les circonstances, la Banque de France met en circulation un billet provisoire, orné de motifs évoquant l’Agriculture, l’Industrie, le Commerce et la Navigation. Ces billets imprimés sur un papier blanc revêtu d’un fond vert lithographique, sont fabriqués et livrés en moins d’un mois (ce qui constitue une performance remarquable à l'époque). Ils sont retirés de la circulation dès l’émission du billet définitif qui reprend la vignette du billet de 500 Francs Type 1817.
Parallèlement à cette histoire du billet parisien, se déroule une histoire fiduciaire de la province, car la Banque de France ne détient son privilège d'émission qu’à Paris (depuis 1803) et dès 1808, les statuts de la Banque de France prévoient la possibilité de créer des Comptoirs d’Escompte dans les villes de province où les besoins du commerce en font sentir la nécessité. Ainsi, deux comptoirs s’ouvrent à Lyon et à Rouen dès 1809, puis un autre à Lille en 1811. Ces Comptoirs émettent des billets de 250 Francs, imprimés à Paris et portant le nom du comptoir émetteur qui, seul peut en assurer le remboursement. Rapidement, les résultats d’exploitation s’avèrent insuffisants, Lille ferme en 1813, Lyon et Rouen en 1817.
La place laissée vacante est prise par des banques indépendantes : Les Banques Départementales (neuf sont créées entre 1817 et 1838). Mais dès 1836, le rétablissement des Comptoirs d’Escompte placés sous l’égide de la Banque de France est décidé. Quinze villes de province, à commencer par Reims et Saint-Étienne bénéficient de la création d’un tel établissement entre 1836 et 1848, avant que la Banque de France n’absorbe en 1848 ses concurrentes départementales et s’installe dans la seconde moitié du 19ème Siècle sur tout le territoire national (l'année 1848, marque donc l’extension du privilège d’émission de la Banque de France à tout le territoire). De même, après le rattachement de la Savoie à la France en 1860, la Banque de Savoie perd son privilège d’émission en 1865 au profit de la Banque de France.

3.2. L’IMPRESSION À L'ENCRE BLEUE
L’impression des billets noirs est abandonnée définitivement en 1862 en raison d’une découverte capitale : la photographie. Cette invention est le fruit du travail de plusieurs chercheurs parmi lesquels Niepce et Daguerre. Leurs travaux sont présentés à l’Académie des Sciences en 1839, année qui marque le point de départ de la diffusion des daguerréotypes. Une telle découverte entraîne des effets pervers que l’on n'avait pas prévus. Dès 1850 sont signalés à Lyon des faux billets de 100 Francs réalisés par reproduction photographique. Le faussaire est démasqué mais l’émoi provoqué par cette affaire conduit la Banque de France (toujours préoccupée par la sécurité de la circulation fiduciaire) à apporter de nombreuses modifications à ses billets.
A partir de 1862, les billets sont imprimés avec une encre bleue provenant de la manufacture Royale de Schneeberg en Saxe (ce qui posera plus tard des problèmes). Le bleu étant la couleur la moins photogénique qu’on ait pu isoler. De plus, le verso devient différent du recto afin de faire obstacle à la reproduction photographique par transparence (l’impression à l’identique est définitivement abandonnée).
Les premiers billets à bénéficier de ces nouvelles techniques d’impression sont le billet de 1000 Francs et le billet de 100 Francs qui sortent des Caisses en 1863. Ils sont rapidement suivis d’une coupure de 500 Francs. On peut noter qu’à partir de 1862 également, l’apposition mécanique des signatures est définitivement adoptée.
Le billet de 1000 Francs, intégralement imprimé en bleu reprend la gravure réalisée par Jacques-Jean Barre de 1842. Le verso est l’œuvre de Camille Chazal, frère du Contrôleur alors en fonction. La composition représente deux effigies féminines et le centre du billet n’est pas imprimé afin de mettre en évidence le filigrane.
Le billet de 100 Francs a été conçu par cinq artistes : Le recto est dessiné par Cabasson et gravé par Pannemaker, le verso dessiné par Cabasson et gravé par Vauthier et Massey. Le recto montre les silhouettes de l’Agriculture, de la Fortune, de Mercure et de l’Industrie qui se détachent d’un cadre orné d’angelots. Au verso figurent quatre têtes de femmes de profil dans des médaillons. Ce billet reflète le courant artistique de l’époque et marque une étape historique dans la conception du filigrane qui représente une tête humaine : Mercure de face (dont le but est d’opposer un nouvel obstacle aux faussaires).
Le billet de 500 Francs Type 1863 est identique au billet de 500 Francs Type 1842.
La période bleue est aussi marquée par la diminution de la valeur des billets qui vont se démocratiser. 1864 va voir l’apparition du premier billet de 50 Francs :
La vignette est dessinée par Cabasson et gravée par Pannemaker. Elle présente une forme elliptique et montre au recto, un portrait de Mercure de profil qui forme le point central de l’encadrement supérieur, avec l’emblème de Mercure et le caducée dans un écusson entouré de deux enfants dont l’un porte un glaive et l’autre une balance. Au verso, une frise ovale avec deux cartouches ronds où est inscrit le texte de l’article 139 du Code Pénal qui est reproduit au recto et au verso.

En 1870, l’entrée en Guerre contre la Prusse et les premiers revers militaires déclenchent la panique. Le 12 août 1870, le Gouvernement décide de donner cours forcé aux billets et d’abaisser à 25 Francs la valeur faciale de la plus petite coupure. Pressés par les évènements, on utilise un essai réalisé par Camille Chazal en 1864. Le papier n’est pas filigrané, la vignette représente au recto une allégorie de l’Industrie et au verso une femme symbolisant la France. Ce billet de 25 Francs dont la valeur faciale ne correspond à celle d’aucune espèce métallique est rapidement remplacé par un billet de 20 Francs, avec une iconographie identique. Ce billet de 20 Francs n'aura pas une durée de vie bien longue, victime de la concurrence de la pièce de 20 Francs en or.
Fa43-Recto Le billet de 25 Francs - Type 1870
Fa46-Recto Le billet de 20 Francs - Type 1871

La fabrication des billets à Clermont-Ferrand : il est à noter que la plupart des billets de 50 Francs Type 1864 et de 25 Francs Type 1870 sont fabriqués à Clermont-Ferrand. En effet, le blocus de Paris par les Armées Allemandes étant imminent, on décide en septembre 1870 de créer un atelier en province pour continuer d’approvisionner les succursales. Le choix de Clermont est guidé par sa localisation, à une distance importante de la frontière nord. Il préfigure l’implantation définitive des structures industrielles de la Banque de France à Vic le Comte et à Chamalières.
Les billets fabriqués à Clermont-Ferrand présentent certains caractères distinctifs :
3 étoiles sont placées autour de la valeur faciale pour le billet de 25 Francs et sous « Banque de France » pour le billet 50 Francs. De plus, les numéros sont manuscrits et le numéro de contrôle fait défaut pour cause de manque d’outillage (ces billets imprimés à Clermont sont très recherchés par les collectionneurs).
Fa44-Recto Le billet de 25 Francs - Type 1870 - Clermont-Ferrand

La naissance du billet de 5 Francs est le résultat direct des troubles caractérisant les années 1870-1871. Le paiement de l’indemnité de Guerre à l’Allemagne vide les coffres. L’or est recherché et la pièce de 5 Francs disparaît de la circulation. La pénurie de moyens de paiement est telle qu’apparaissent les « billets de nécessité » qui menacent le privilège d’émission de la Banque de France. La loi du 29 décembre 1871 autorise alors la Banque à créer des coupures de 5 Francs et de 10 Francs.
Le billet de 5 Francs est créé le premier. La vignette est dessinée par Chazal et représente au recto un homme et une femme vêtue à l’antique, debout sur un socle portant le chiffre 5. Le verso représente sur un fond d’ornements, un groupe de figures allégoriques. Les peines encourues par les contrefacteurs sont reproduites au recto et au verso, preuve de la crainte qu’inspire la démocratisation du billet de banque. La coupure est de dimension réduite, ce qui explique la façon d’inscrire la date de création (le mois est remplacé par le signe du zodiaque correspondant, ce qui procure un gain de place et d’occuper un espace constant).

3.3. L'IMPRESSION BICOLORE
Le besoin d’une protection accrue contre le procédé photographique de falsification conduit à l’impression des billets en deux couleurs. La Banque de France a recourt aux conseils du célèbre chimiste Marcelin BERTHELOT, alors membre de l’Académie de Médecine, qui aide à mettre au point l’emploi simultané de deux couleurs.
Après maintes hésitations, c’est la couleur bistre qui est retenue pour la vignette composant le fond du billet de 20 Francs Noir Type 1873 (dessiné par Chazal et gravé par Dujardin). Au recto sont représentés Mercure et Cérès assis sur fond bistre de médailles. Le graphisme du billet s’inspire du monnayage grec. A noter également une gravure imprimée à l’encre incolore, composée de motifs ornementaux et comportant la légende « LA LOI PUNIT LE CONTREFACTEUR », est invisible à l’état normal, mais susceptible de se révéler sous l’action d’une forte chaleur (cette innovation renvoie directement à notre époque puisque les billets actuels utilisent sous une forme technique différente, une encre incolore).
20-FRANCS-NOIR-TYPE-1873-Recto Le billet de 20 Francs Noir Type 1873

Toutefois, la couleur bistre est abandonnée au profit du rose, qui, imprimé sous une vignette de couleur bleue, donne un aspect violet.
C’est le billet de 500 Francs Bleu et Rose Type 1888 qui reçoit la première adjonction de fond rose. Ce choix est dicté par l’apparition en 1888, d’une contrefaçon du billet bleu céleste Type 1863, qui prend rapidement un tour si inquiétant que la Banque de France décide de suspendre l’émission de ce billet et de provoquer leur rentrée. Le recto du billet conserve l’ancien type auquel vient s’ajouter un fond rose formé d’ornements, portant, en médaillon, les effigies de la Force et de Mercure. Ce fond rose est dessiné par Dupuis et Duval et gravé par Robert et Dujardin. Le verso, imprimé sur un fond gris rose, est conservé sans modification.
500-FRANCS-BLEU-ET-ROSE-TYPE-1888-Recto Le billet de 500 Francs Bleu et Rose Type 1888

Après la sortie rapide de ce billet de 500 Francs, trois autres types sont renouvelés dans les deux années qui suivent :
Le billet de 1000 Francs Bleu et Rose Type 1889, reprend la vignette de Barre à laquelle on a ajouté un fond rose dessiné par Duval et gravé par Robert.
1000-FRANCS-BLEU-ET-ROSE-TYPE-1889-Recto Le billet de 1000 Francs Bleu et Rose Type 1889

Le billet de 100 Francs Bleu et Rose Type 1888, reprend la vignette du 100 Francs renouvelé en 1882 (œuvre de Baudry pour le dessin et de Robert pour la gravure). Le recto montre deux femmes représentant l’Agriculture et la Navigation assises de part et d’autre d’un cartouche avec quatre têtes de femmes en rose dans des médaillons ronds (dessin de Dupuis). Le fond rose est l’œuvre de Duval pour le dessin, de Robert et de Dujardin pour la gravure. Le verso reprend la devise de la Banque de France « LA SAGESSE FIXE LA FORTUNE » et montre une allégorie entourée de deux Amours. Le fond rose est l’œuvre des mêmes artistes.
100-FRANCS-BLEU-ET-ROSE-TYPE-1888-Recto Le billet de 100 Francs Bleu et Rose Type 1888

Le billet de 50 Francs Bleu et Rose Type 1889, reprend le type créé en 1884. Il représente au recto des têtes de femmes symbolisant l’Industrie et l’Agriculture et au verso des femmes représentant les mêmes symboles.
50-FRANCS-BLEU-ET-ROSE-TYPE-1889-Recto Le billet de 50 Francs Bleu et Rose Type 1889

Évoquons la question de la destruction des billets :
Pendant 3⁄4 de siècle les billets ont été incinérés au siège même de la Banque Centrale. En 1860, on propose d’abandonner ce procédé en raison des risques d’incendie qu’il fait courir à l’Hôtel de Toulouse et au voisinage, risque encore accru par l’augmentation de la circulation fiduciaire. On désire remplacer l’incinération par la destruction à l’eau bouillante. Ces projets ne sont mis à exécution qu’en 1874 : la destruction des billets s’opère « à froid » ; elle nécessite 60 kilos de lessive pour détruire 400 kilos de billets. L’opération dure 20 heures et on ne peut ouvrir le cylindre lessiveur que le troisième jour suivant le chargement. En réalité, les billets à éliminer ont toujours constitué des restes encombrants, ainsi qu’en témoignent les débats portant sur les différents modes de destruction. Au début du 20ème Siècle, on revient à l’incinération. Aujourd’hui les billets sont broyés.


3.4. LA POLYCHROMIE
Toujours dans le même souci d’assurer une sécurité maximale de son papier fiduciaire, la Banque de France se tourne très tôt vers la recherche en matière d’impression polychrome. Les recherches donnent naissance à deux coupures qui se disputent la première place puisque le premier à être conçu n’est pas celui que le public vit apparaître d’abord dans les portefeuilles.
Le premier billet conçu est l’œuvre de François Flameng pour le dessin, de Dujardin et de Robert pour la gravure. Il porte une valeur faciale de 1000 Francs. Sur ce billet, des allégories symbolisent au recto, la Sagesse et la Force au service des Arts, du Commerce, de l’Industrie et de l’Agriculture. Au verso, la Recherche, le Travail et la Fortune. Les personnages, tantôt réalistes comme le faucheur, tantôt allégoriques, figurent dans un décor de colonnes, de bas-reliefs, de bordures, de guirlandes, de fruits, d’outils que brandissent des putti, jeunes Amours issus de la tradition italienne de la Renaissance et très représentatifs de l’art des années 1900. L’aspect stylistique de ce billet ne rallie pas tous les suffrages. Certains trouvent que la vignette n’a pas un caractère assez « monétaire ». De plus, La Banque de France craint de se voir reprocher par le public d’accorder une plus grande garantie aux porteurs du billet de 1000 Francs, qu’aux porteurs de plus petites coupures. Ce billet n’est finalement pas émis. Il ne sortira des Caisses de la Banque de France qu’en 1938 avec une valeur faciale de 5000 Francs et d’autres couleurs.
Le premier billet émis est donc le billet de 100 Francs Luc Olivier Merson Type 1906. Oeuvre de Luc Olivier Merson pour le dessin et de Romagnol pour la gravure, il représente au recto deux femmes et deux enfants symbolisant, à gauche l’Agriculture et, à droite le Commerce. Au verso, un forgeron, une femme et un enfant symbolisant la Fortune et le Travail. S’il est un billet qui connaît bien des critiques, c’est celui-ci. D’abord, la Banque de France se voit reprocher le choix d’un graveur de nationalité italienne (pourtant choisi sur concours : Romagnoli). Le choix des motifs est discuté, l’attitude des personnages est tournée en dérision (le petit garçon a une jambe plus courte que l’autre, etc.). Certains regrettent que l’inscription « CENT FRANCS » placée au milieu du recto soit la seule indication bien visible de la valeur du billet (lorsque le billet est plié en deux elle est illisible). En dépit de ses débuts difficiles, cette coupure n’est privée du cours légal qu’en 1945, au moment de l’opération d’échange. Il est à signaler que cette coupure est la dernière qui porte la mention « PAYABLES EN ESPECES, A VUE, AU PORTEUR ». En effet, le cours forcé décrété le 5 août 1914, ne sera plus abandonné dans les faits.
100-FRANCS-LUC-OLIVIER-MERSON-TYPE-1906-AVEC-LOM-Recto Le billet de 100 Francs Luc Olivier Merson Type 1906

Avec la Grande Guerre, la Banque de France ressort d’anciennes coupures dites de « Réserve » :
Le billet de 20 Francs Noir Type 1873 qui victime du retrait des petites coupures après la guerre de 1870 (n’a jamais été émis) et le billet de 5 Francs Noir Type 1871. Pour éviter de semer le trouble dans le public, la valeur est imprimée en bleu (au lieu du noir) pour les deux billets et la date de création sur le billet de 5 Francs est imprimée en noir au lieu du bleu.
20-FRANCS-BLEU-TYPE-1905-Recto Le billet de 20 Francs Bleu Type 1905
5-FRANCS-BLEU-TYPE-1905-Recto Le billet de 5 Francs Bleu Type 1905

Cependant, considérant que les billets de 20 Francs Type 1873 et de 5 Francs Type 1871 revus en 1905, ne sont plus conformes aux normes de sécurité fiduciaire, on décide de créer une nouvelle gamme.
Ainsi voient le jour :
Le Billet de 10 Francs Minerve Type 1915, peint par Duval et gravé par Romagnol. Il est à l’effigie de Minerve Casquée au recto (le dessin s’inspire d’une sculpture de Carrier-Belleuse, qui décore le fronton de l’entrée principale de la Banque de France) et au verso une moissonneuse au repos.
10-FRANCS-MINERVE-TYPE-1915-Recto Le billet de 10 Francs Minerve Type 1915

Le billet de 20 Francs Bayard Type 1916, peint par Duval et gravé par Romagnol. Il représente au recto, deux médaillons représentant Bayard, dont l’un par transparence, au-dessous desquels est inscrite la devise « SANS PEUR ET SANS REPROCHE ». Au verso, un moissonneur aiguisant sa faux (c’est sur ce billet qu’apparaît pour la première fois un personnage célèbre).
20-FRANCS-BAYARD-TYPE-1916-Recto Le billet de 20 Francs Bayard Type 1916

Le billet de 5 Francs Violet Type 1917, peint par Duval et Walhain, gravé par Romagnol et Deloche. Il représente au recto une femme casquée symbolisant la France et au verso un débardeur. Le filigrane représente l’effigie d’un jeune guerrier, il s’inspire de la composition de François Rude « La Marseillaise », qui orne l’Arc de Triomphe de l’Étoile.
5-FRANCS-VIOLET-TYPE-1917-Recto Le billet de 5 Francs Violet Type 1917

Il est à noter que pour des raisons de coût et de temps, la Banque de France ne peut appliquer la technique de la polychromie à ces petites coupures.
En 1928 est émis le billet de 50 Francs Luc Olivier Merson Type 1927, peint par Luc Olivier Merson, gravé par Romagnol et Deloche. Il représente, au recto un jeune Mercure dans une guirlande et au verso un groupe composé de Minerve et d’un forgeron. Ce billet qui a fait l’objet d’un litige entre la Banque de France et les héritiers du peintre, a conduit pour l’avenir, la suppression des noms des peintres et des graveurs sur les billets émis par la Banque de France.
50-FRANCS-LUC-OLIVIER-MERSON-TYPE-1927-Recto Le billet de 50 Francs Luc Olivier Merson Type 1927

Le billet de 1000 Francs Cérès et Mercure Type 1927 sort en 1929. Il est peint par Walhain et gravé par Deloche. Ce billet est mis au point rapidement pour remplacer le billet de 1000 Francs Bleu et Rose Type 1889 (objet d’une grave contrefaçon). La coupure associe les allégories traditionnelles que sont Cérès et Mercure au recto à des personnages célèbres, Ampère et Pasteur au verso avec un forgeron et un peintre.
1000-FRANCS-CERES-ET-MERCURE-TYPE-1927-Recto Le billet de 1000 Francs Cérès et Mercure Type 1927

L’impression en quatre couleurs se développe vers 1925-1930 ; elle s’accompagne d’un changement dans l’iconographie. Les sujets mythologiques qui ont dominé tout le 19ème Siècle se raréfient et laissent peu à peu la place à des grandes allégories et à des thèmes plus réalistes tels que l’évocation des métiers représentatifs de l’activité économique à l’époque de leur émission.

3.5. LA TAILLE-DOUCE
La taille-douce est une technique d’impression permettant, grâce à une gravure en creux réalisée dans le métal, de déposer une faible épaisseur d’encre en surimpression. Le relief obtenu est perceptible au toucher et l’image acquiert une plus grande netteté (ce procédé constitue un signe de sécurité toujours utilisé de nos jours).
Le billet de 5000 Francs Victoire Type 1934 est le premier à bénéficier de cette technique. Outre cette caractéristique, ce billet se signale par ses qualités esthétiques. Peint par Laurent, gravé par Dreyfus et par Piel, il porte une effigie féminine, représentant la France, coiffée d’une couronne d’olivier et placée dans un cadre de feuilles de laurier. Elle tient à la main une Victoire Ailée, symbole dont l’origine remonte au monnayage grec.
5000-FRANCS-VICTOIRE-TYPE-1934-Recto Le billet de 5000 Francs Victoire Type 1934

En dehors de ce billet, d’autres coupures émises entre les deux guerres font une large place à l’expression du Sentiment National :
Le billet de 50 Francs Cérès Type 1933, peint par Serveau et gravé par Deloche. Il est illustré d’une représentation de la France qui apparaît sous les traits d’une jeune fille, sur un fond inspiré du Parc de Versailles.
50-FRANCS-CERES-TYPE-1933-Recto Le billet de 50 Francs Cérès Type 1933

Le billet de 100 Francs Sully Type 1939, peint par Jonas et gravé par Deloche. L’effigie qui symbolise notre pays se détache sur un dessin reproduisant le Centre de Paris. A noter que sur ce billet, le peintre a inscrit ses initiales « LJ » sous le bras gauche de Sully au verso de celui-ci.
100-FRANCS-SULLY-TYPE-1939-Recto Le billet de 100 Francs Sully Type 1939

A ce même courant d’inspiration peuvent être rattachées deux autres coupures émises pendant la seconde Guerre Mondiale :
Le billet de 500 Francs La Paix Type 1939, peint par Laurent, gravé par Hourriez et Dreyfus.
500-FRANCS-LA-PAIX-TYPE-1939-Recto

Le billet de 1000 Francs Déméter Type 1942, œuvre de Jonas et gravé Hourriez et Dreyfus.
1000-FRANCS-DEESSE-DEMETER-TYPE-1942-Recto

3.6. LES THÈMES RÉALISTES
Pendant la seconde Guerre Mondiale va sortir une série de billets dont la thématique peut être qualifiée de réaliste. Cette tendance est annoncée dès 1915 puisque le verso du billet de 10 Francs Type 1915 porte l’image d’une Paysanne, celui de 20 Francs Type 1916 un Paysan aiguisant sa faux et celui de 5 Francs Type 1917 avec un Débardeur.
Le billet de 20 Francs Science et Travail Type 1940, peint par Serveau et gravé par Deloche montre au recto un ouvrier symbolisant le Travail et un homme d’âge mûr symbolisant la Science. La série des petits métiers des années 40 est l’œuvre de Jonas et de Beltrand pour le 10 Francs Mineur Type 1941 et de Serveau et Deloche pour le 20 Francs Pêcheur Type 1942. Le billet de 5 Francs Berger Type 1943 de par ses dimensions le plus petit billet jamais émis par la Banque de France.
20-FRANCS-SCIENCE-ET-TRAVAIL-TYPE-1940-Recto Le billet de 20 Francs Science et Travail Type 1940
10-FRANCS-MINEUR-TYPE-1941-Recto Le billet de 10 Francs Mineur Type 1941
20-FRANCS-PECHEUR-TYPE-1942-Recto Le billet de 20 Francs Pêcheur Type 1942
5-FRANCS-BERGER-TYPE-1943-Recto Le billet de 5 Francs Berger Type 1943

3.7. L'ÉCHANGE DE 1945
La période réaliste va faire place à une période de transition qui voit le retour de personnages célèbres : après Sully en 1939, c’est Jacques Cœur qui illustre le billet de 50 Francs Type 1941, peint par Jonas et gravé par Beltrand, puis Descartes sur le billet de 100 Francs Type 1942 peint par Jonas et gravé par Deloche (à noter que ce billet devait porter l’effigie de Vauban et évoquer la paix garantie par la solidité de la ligne Vauban, mais l’expérience catastrophique de la ligne Maginot a conduit à remplacer au dernier moment Vauban par Descartes).
50-FRANCS-JACQUES-COEURS-TYPE-1941-Recto Le billet de 50 Francs Jacques Coeur Type 1941
100-FRANCS-DESCARTES-TYPE-1942-Recto Le billet de 100 Francs Descartes Type 1942

En 1944 est mis en circulation le billet de 1000 Francs Commerce et Industrie Type 1940, peint par Cheffer et gravé par Beltrand, qui lui se raccroche au courant allégorique.
1000-FRANCS-COMMERCE-ET-INDUSTRIE-TYPE-1940-Recto Le billet de 1000 Francs Commerce et Industrie Type 1940

La fin de la 2ème Guerre Mondiale est marquée par deux évènements sans précédent dans l’Histoire monétaire de notre pays : la diffusion sur notre sol de billets fabriqués à l’étranger et par l’échange de 1945. Les Américains, lors de leur arrivée en 1944 mettent en circulation des « Francs Complémentaires » fabriqués aux Etats Unis, destinés à subvenir aux besoins des armées alliées. Ces billets, ornés d’un drapeau français au verso, sont retirés de la circulation en 1945, de même que tous les billets français d’un montant supérieur ou égal à 50 Francs, lors de l’échange décidé par le Gouvernement. Le but de l’opération est triple : neutraliser les billets emportés par les Allemands, procurer un bénéfice substantiel au Trésor Public et recenser les fortunes, c’est à dire, moraliser le contexte économique. Les Français ont douze jours pour procéder à l’échange.
Les billets remis en contrepartie des coupures démonétisées ont des origines distinctes : d’une part, la Banque de France utilise des coupures de réserve : un billet de 5000 Francs dit « Empire français », peint par Serveau, gravé par Beltrand, Piel et Dreyfus, qui évoque les colonies, de par la jeune femme symbolisant la France entourée d’un Soudanais, d'un Annamite et d'un Arabe, le tout sur un fonds de drapeaux tricolores. La seconde coupure est un billet Type 1938 « Cérès », dont la valeur faciale de 300 Francs est unique. Il est l’œuvre de Serveau et la gravure de Deloche (à noter qu’il ne porte pas de date de création).
5000-FRANCS-EMPIRE-FRANCAIS-TYPE-1942-Recto Le billet de 5000 Francs Empire Français Type 1942
300-FRANCS-CERES-TYPE-1938-Recto Le billet de 300 Francs Type 1938

D’autre part, faute de pouvoir assurer tous les besoins, la Banque de France doit néanmoins commander des billets aux Etats Unis et en Angleterre (ces billets sont ornés du mot « France » au verso).
Les coupures d’origine américaine et anglaise dont la qualité et la vulnérabilité aux contrefaçons sont discutées, sont rapidement remplacées par un billet de 1000 Francs Type 1945 « Minerve et Hercule » peint par Serveau, gravé par Marliat et Deloche, un billet de 500 Francs Type 1945 « Chateaubriand » peint par Poughéon, gravé par Marliat et Armanelli, un billet de 100 Francs Type 1945 « Jeune Paysan » peint par Poughéon, gravé par Beltrand, qui fait l’objet de vives critiques à sa sortie (billet pétainiste ?) et par un billet de 50 Francs Type 1946 « Le Verrier » peint par Poughéon, gravé par Marliat et Régnier, dont le thème, la découverte de la planète Neptune, est un fort symbole du rapprochement franco-allemand qui s’instaure dès la fin de la guerre. Les trois billets peints par Poughéon se caractérisent par leur élégance, la sobriété des formes et le graphisme des lettres et des chiffres qui rappellent les bas reliefs du Palais Chaillot.
1000-FRANCS-MINERVE-ET-HERCULE-TYPE-1945-Recto Le billet de 1000 Francs Minerve et Hercule Type 1945
500-FRANCS-CHATEAUBRIAND-TYPE-1945-Recto Le billet de 500 Francs Chateaubriand Type 1945
100-FRANCS-JEUNE-PAYSAN-TYPE-1945-Recto Le billet de 100 Francs Jeune Paysan Type 1945
50-FRANCS-LE-VERRIER-TYPE-1946-Recto Le billet de 50 Francs Le Verrier Type 1946

Deux nouvelles coupures voient le jour en 1950 :
Le billet de 10 000 Francs Génie Français Type 1945, peint par Laurent, gravé par Beltrand et Piel. Il traduit dans des tons pastel, l’espérance en une paix mondiale.
10000-FRANCS-GENIE-FRANCAIS-TYPE-1945-Recto

Le billet de 5000 Francs Terre et Mer Type 1949, peint par Laurent, gravé par Beltrand et Piel. Il évoque au recto les deux éléments sous les traits de Pomone et d’Amphitrite et au verso figurent le Commerce symbolisé par Mercure et l’Industrie.
5000-FRANCS-TERRE-ET-MER-TYPE-1949-Recto Le billet de 5000 Francs - Type 1949

3.8. L'ART DU PORTRAIT
A partir de 1953, le choix thématique amorcé dès 1916 avec le 20 Francs Bayard Type 1916 se confirme de façon éclatante. Désormais les nouvelles émissions sont illustrées d’hommes célèbres. Le choix du portrait, qui figure en coïncidence au recto et au verso, fait l’objet de recherches esthétiques approfondies et les dessins qui l’entourent illustrent la vie et l’œuvre du personnage mis à l’honneur.
Les premiers représentants de cette nouvelle génération de billets sont :
Le billet de 500 Francs Victor Hugo Type 1953, peint par Serveau, gravé par Marliat et Piel. Il représente Victor Hugo devant le Panthéon au recto et devant la Place des Vosges au verso.
500-FRANCS-VICTOR-HUGO-TYPE-1953-Recto

Le billet de 1000 Francs Richelieu Type 1953, peint par Serveau, gravé par Marliat, Piel et Armanelli. Il est à l’effigie de Richelieu devant le Palais Cardinal au recto et devant la ville de Richelieu au verso.
1000-FRANCS-RICHELIEU-TYPE-1953-Recto

Le billet de 10 000 Francs Bonaparte Type 1955, peint par Serveau, gravé par Marliat et Piel. Il rend hommage au fondateur de la Banque de France, Bonaparte à côté de l’Arc de Triomphe au recto et à côté des Invalides au verso.
10000-FRANCS-BONAPARTE-TYPE-1955-Recto

Le billet de 5000 Francs Henri IV Type 1957, peint par Lefeuvre, gravé par Marliat et Piel. Il honore le Roi Henri IV devant le Pont Neuf au recto et devant le Château de Pau au verso.
5000-FRANCS-HENRI-IV-TYPE-1957-Recto Le billet de 5000 Francs - Type 1957

3.9. LA RÉFORME DU FRANC
La décision d’instituer, à compter du 1er janvier 1960, une nouvelle unité monétaire, égale au centuple de l’Ancien Franc est prise par ordonnance le 27 décembre 1958. Le but de la réforme est de créer un Franc lourd qui doit s’identifier à une monnaie forte. De plus, ce Nouveau Franc est placé à une parité voisine des devises telles que le Deutsche Mark, le Franc Suisse ou le Florin Néerlandais. Cette nouvelle unité monétaire s’appelle provisoirement le « Nouveau Franc » afin de la distinguer de l’Ancien. La Banque de France prend cette réforme en compte et dès le mois de juillet 1959, elle émet des coupures surchargées d’une mention à l’encre rouge précisant leur contre-valeur en Nouveaux Francs.
Les billets qui reçoivent cette surcharge sont :
Le billet de 500 Francs Victor Hugo Type 1953.
Le billet de 1000 Francs Richelieu Type 1953.
Le billet de 5000 Francs Henri IV Type 1957.
Le billet de 10 000 Francs Bonaparte Type 1955.
5-NF-SUR-500-FRANCS-VICTOR-HUGO-TYPE-1953-Recto Le billet de 5 Nouveaux Francs sur 500 Francs Victor Hugo - Type 1953
10-NF-SUR-1000-FRANCS-RICHELIEU-TYPE-1953-Recto Le billet de 10 Nouveaux Francs sur 1000 Francs Richelieu - Type 1953
50-NF-SUR-5000-FRANCS-HENRI-IV-TYPE-1957-Recto Le billet de 50 Nouveaux Francs sur 5000 Francs Henri IV - Type 1957
100-NF-SUR-10000-FRANCS-BONAPARTE-TYPE-1955-Recto Le billet de 100 Nouveaux Francs sur 10 000 Francs Bonaparte - Type 1957

Dès le 1er janvier 1960 sont mis en circulation des billets libellés en Nouveaux Francs identiques aux précédents afin de ne pas perturber les habitudes du public. Ces billets vont peu à peu se substituer aux billets en Anciens Francs et aux billets Surchargés en Nouveaux Francs. Par ailleurs, une nouvelle coupure de 500 Nouveaux Francs Molière Type 1959, peinte par Lefeuvre, gravée par Marliat et Piel voit le jour. Ce billet dédié à Molière et est la seule coupure émise uniquement en Nouveaux Francs.
5-NOUVEAUX-FRANCS-VICTOR-HUGO-TYPE-1959-Recto Le billet de 5 Nouveaux Francs Victor Hugo - Type 1959
10-NOUVEAUX-FRANCS-RICHELIEU-TYPE-1959-Recto Le billet de 10 Nouveaux Francs Richelieu - Type 1959
50-NOUVEAUX-FRANCS-HENRI-IV-TYPE-1959-Recto Le billet de 50 Nouveaux Francs Henri IV - Type 1959
100-NOUVEAUX-FRANCS-BONAPARTE-TYPE-1959-Recto Le billet de 100 Nouveaux Francs Bonaparte - Type 1959
500-NOUVEAUX-FRANCS-MOLIERE-TYPE-1959-Recto Le billet de 500 Nouveaux Francs Molière - Type 1959

L’épilogue de cette histoire a lieu le 1er janvier 1963, date à laquelle le Nouveau Franc redevient le Franc. La Banque de France prend ce changement en compte en changeant l’ensemble de ses coupures.
C’est ainsi qu’entre 1962 et 1966 apparaissent 5 nouvelles coupures :
Le billet de 50 Francs Racine Type 1962, peint par Melle Lambert, gravé par Marliat et Piel. Il représente Racine devant l’Abbaye de Port Royal au recto et devant une vue de la Ferté Milon au verso.
50-FRANCS-RACINE-TYPE-1962-Recto

Le billet de 10 Francs Voltaire Type 1963, peint par Lefeuvre, gravé par Armanelli, Poilliot et Piel. Il représente Voltaire devant le Palais des Tuileries au recto et devant le château de Cirey au verso.
10-FRANCS-VOLTAIRE-TYPE-1963-Recto

Le billet de 100 Francs Corneille Type 1964, peint par Lefeuvre, gravé par Poilliot et Piel. Il représente Corneille devant un projet d’aménagement du Théâtre du château de Versailles au recto et devant la ville et le port de Rouen au verso.
100-FRANCS-CORNEILLE-TYPE-1964-Recto

Le billet de 5 Francs Type 1966, peint par Melle Lambert, gravé par Poilliot et Renaud rend hommage à Pasteur devant l’Institut Pasteur au recto et un laboratoire et la statue du berger Jupille au verso.
5-FRANCS-PASTEUR-TYPE-1966-Recto

Le billet de 500 Francs Pasteur Type 1968, peint par Fontanarosa, gravé par Armanelli et Durrens. Il représente Pascal et le clocher de l'Église Saint-Jacques de la Boucherie à Paris et la Cathédrale de Clermont-Ferrand au recto et devant le Colombier et la Chapelle de l'Abbaye de Port Royal au verso.
500-FRANCS-PASCAL-TYPE-1968-Recto

3.10. L'APPARITION DE L'OFFSET
L’offset est dérivé de la lithographie. Le procédé remplace l’impression directe du papier qui entraîne une détérioration rapide de l’image, par un report de l’impression sur un rouleau intermédiaire recouvert d’une toile caoutchoutée qui lui, imprime le papier. Depuis, tous les billets français sont émis en offset.
Le premier billet qui bénéficie de cette technique est le billet 10 Francs Berlioz Type 1972, peint par Fontanarosa, gravé par Jubert et Renaud. Il représente Berlioz dirigeant un orchestre au recto et devant les bâtiments de la villa Médicis au verso.
10-FRANCS-BERLIOZ-TYPE-1972-Verso

De 1968 à 1980, la Banque de France renouvelle sa gamme avec :
Le billet de 500 Francs Pascal Type 1968 (déjà vu).
500-FRANCS-PASCAL-TYPE-1968-Recto

Le billet de 50 Francs Quentin de la Tour Type 1976, peint par Fontanarosa, gravé par Renaud et Combet à l’effigie du peintre Quentin de la Tour devant le château de Versailles au recto et l’Hôtel de Ville de Saint-Quentin au verso.
50-FRANCS-QUENTIN-DE-LA-TOUR-TYPE-1976-Recto

Le billet de 100 Francs Delacroix Type 1978, peint par Fontanarosa, gravé par Renaud et Combet représente Delacroix et le tableau « La Liberté guidant le Peuple » au recto et devant la Place de Furstenberg à Paris au verso.
100-FRANCS-DELACROIX-TYPE-1978-Recto

Le billet de 20 Francs Debussy Type 1980, peint par Taurelle et gravé par Hérouard. Il n’a pas la taille douce et il représente Debussy devant un décor composé sur le thème de la Mer au recto et sur un fond évoquant le décor de « La Fontaine dans un Parc » de Pélléas et Mélisande au verso.
20-FRANCS-DEBUSSY-TYPE-1980-Recto

Le billet de 200 Francs Montesquieu Type 1981, peint par Melle Lambert, gravé par Jubert et Durrens. Il est consacré à Montesquieu dont le portrait se détache sur un fonds de motifs évoquant ses œuvres.
200-FRANCS-MONTESQUIEU-TYPE-1981-Recto

A noter qu’à partir de 1990, on ajoute dans le papier un fil de sécurité.

3.11. LA DERNIÈRE GAMME DE BILLETS
Au début des années 90, la Banque de France renouvelle sa gamme, à l’exception du billet de 20 Francs Debussy Type 1980. Les billets sont fabriqués avec des procédés informatisés et sur des imprimantes en continu. Le billet est dessiné sur ordinateur et les filigranes sont réalisés par numérisation d’images. Leur format réduit permet une meilleure manipulation, leur identification est facilitée car chaque billet présente une couleur dominante différente, un écart de longueur et une valeur faciale imprimée en gros sur les deux faces. La cohérence d’ensemble de la dernière gamme de billets en Francs est assurée par le recours d'un artiste unique, Roger Pfund. Les motifs représentatifs de la vie et de l’œuvre du ou des personnages figurant sur les billets sont organisés à la façon d’un tableau complétant le portrait.
La dernière gamme de billets en Francs se composent :
Du billet de 50 Francs Saint-Exupéry Type 1992.
50-FRANCS-SAINT-EXUPERY-TYPE-1992-Recto

Du billet de 500 Francs Pierre et Marie Curie Type 1993 (première et unique femme figurant sur un billet français). A noter que ce billet est le seul qui soit émis au millésime 2000.
500-FRANCS-PIERRE-ET-MARIE-CURIE-TYPE-1993-MODIFIE-Recto

Du billet de 200 Francs Eiffel Type 1995.
200-FRANCS-EIFFEL-TYPE-1995-Recto

Du billet de 100 Francs Cézanne Type 1997.
100-FRANCS-CEZANNE-TYPE-1997-Recto