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impôt sur le revenu bareme

Cinq tranches, de 0 % à 45 %, et une règle simple : chaque euro n’est taxé qu’au taux de sa propre tranche.

Documents de déclaration de revenus et calculatrice posés sur un bureau
Réponse rapide

Le barème de l’impôt sur le revenu est une grille progressive à cinq tranches, imposées de 0 % à 45 %. Chaque euro n’est taxé qu’au taux de sa propre tranche : passer dans une tranche supérieure n’augmente jamais l’impôt sur la totalité du revenu.

  • Cinq tranches : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %.
  • Taux marginal ≠ taux moyen : le taux réellement payé reste toujours plus bas que celui de la dernière tranche atteinte.
  • Sur le revenu net imposable : après abattement, divisé par le nombre de parts (quotient familial).
  • Revalorisé chaque année : les seuils suivent l’inflation, à vérifier sur impots.gouv.fr.

Le barème de l’impôt sur le revenu, c’est quoi exactement ?

L’impôt sur le revenu français est progressif. Cela veut dire que le taux d’imposition augmente par paliers à mesure que le revenu monte, et non d’un coup. Le barème, c’est précisément la grille officielle de ces paliers : elle fixe les tranches de revenu et le taux appliqué à chacune. Cette grille est votée chaque année dans la loi de finances. C’est l’outil de base à partir duquel l’administration calcule ce que vous devez.

Un impôt progressif par tranches, pas un taux unique

L’erreur la plus répandue consiste à croire qu’on est « dans la tranche à 30 % », donc qu’on paie 30 % sur tout. Faux, et c’est tout l’intérêt de comprendre le mécanisme. Votre revenu est découpé en tranches successives. La première part, jusqu’à un certain seuil, n’est pas imposée du tout. La tranche suivante est taxée à 11 %, mais uniquement la portion de revenu qui s’y trouve. Et ainsi de suite. Résultat : même quelqu’un dont le revenu atteint la tranche à 41 % conserve ses premières tranches à 0 % et 11 %. C’est pour cette raison qu’une augmentation de salaire ne vous fait jamais « perdre de l’argent » en montant de tranche — une idée reçue tenace, mais fausse.

Ce que le barème taxe vraiment

le revenu net imposable par part

Autre subtilité que beaucoup oublient : le barème ne s’applique pas au revenu brut. Il s’applique au revenu net imposable, c’est-à-dire après abattements (notamment l’abattement de 10 % sur les salaires) et déductions. Ce revenu net imposable est ensuite divisé par votre nombre de parts fiscales, le fameux quotient familial. Une personne seule compte une part ; un couple marié ou pacsé, deux parts ; chaque enfant ajoute des demi-parts. C’est ce quotient — revenu divisé par parts — qui passe dans le barème, et non le revenu total du foyer. Garder cet ordre en tête évite la moitié des erreurs de calcul.

Le barème 2025 de l’impôt sur le revenu (revenus 2024)

Voici la grille appliquée aux revenus de 2024, déclarés en 2025. Retenez bien : ces montants sont réindexés chaque année, le plus souvent pour suivre l’inflation. Vérifiez toujours les seuils en vigueur pour l’année qui vous concerne sur impots.gouv.fr avant de faire un calcul sérieux. Les bornes ci-dessous s’entendent par part de quotient familial.

Tranche de revenu (par part)Taux d’imposition
Jusqu’à 11 294 €0 %
De 11 295 € à 28 797 €11 %
De 28 798 € à 82 341 €30 %
De 82 342 € à 177 106 €41 %
Au-delà de 177 106 €45 %

Le taux de la dernière tranche que vous atteignez porte un nom : c’est votre taux marginal d’imposition, ou TMI. Il indique à quel taux serait imposé un euro de revenu supplémentaire — une information utile pour arbitrer, par exemple, un versement sur un plan d’épargne retraite déductible.

Pourquoi le barème est revalorisé chaque année

Si les bornes ne bougeaient jamais, l’inflation ferait monter votre impôt sans que votre pouvoir d’achat n’augmente vraiment : une hausse de salaire qui ne fait que suivre les prix vous pousserait quand même vers une tranche supérieure. Pour éviter cet effet, le législateur relève généralement les seuils chaque année, à hauteur de l’inflation estimée. Concrètement, un même revenu peut donc rester dans la même tranche d’une année sur l’autre malgré une légère augmentation. C’est aussi pour cela qu’un barème d’il y a trois ans ne vous servira à rien pour estimer l’impôt d’aujourd’hui.

Comment calculer son impôt avec le barème, étape par étape

Le calcul suit toujours le même ordre. Le respecter, c’est s’épargner les erreurs classiques. On ne part jamais du salaire brut, ni même du net versé, mais du revenu net imposable. Voici la marche à suivre, du revenu jusqu’à l’impôt dû.

  1. 1. Partir du revenu net imposable

    Pour un salarié, on retient le net imposable annuel, après l’abattement de 10 % pour frais professionnels (ou les frais réels si vous les déclarez). On y ajoute les autres revenus imposables du foyer.

  2. 2. Déterminer le nombre de parts

    Une part pour une personne seule, deux pour un couple marié ou pacsé, plus les demi-parts liées aux enfants et à certaines situations. C’est le quotient familial.

  3. 3. Diviser le revenu par les parts

    Revenu net imposable divisé par le nombre de parts : on obtient le quotient, c’est-à-dire le revenu « par part » sur lequel s’applique le barème.

  4. 4. Appliquer le barème tranche par tranche

    On impose chaque portion du quotient au taux de sa propre tranche, puis on additionne. On obtient l’impôt pour une part.

  5. 5. Multiplier par le nombre de parts

    L’impôt pour une part est multiplié par le nombre de parts du foyer pour retrouver l’impôt brut.

  6. 6. Appliquer décote et réductions

    On ajuste ensuite avec la décote (revenus modestes), le plafonnement du quotient et vos éventuelles réductions ou crédits d’impôt.

Un exemple parlant : un célibataire (1 part) avec 30 000 € de revenu net imposable ne paie rien jusqu’à 11 294 €, puis 11 % sur la tranche suivante (environ 1 925 €), puis 30 % sur les quelque 1 200 € qui dépassent 28 797 € (environ 361 €). Soit à peu près 2 286 € d’impôt. Son taux marginal est de 30 %, mais son taux moyen réel n’est que de 7,6 %. C’est là toute la différence entre les deux notions.

Exemples chiffrés selon la situation familiale

Les chiffres ci-dessous sont des illustrations pédagogiques, calculées sur le barème des revenus 2024 et hors décote ou réductions éventuelles. À revenu égal, la situation familiale change tout, et le taux réellement payé reste bien en dessous du taux marginal.

1 part

Célibataire, 30 000 €

Impôt d’environ 2 286 €. Taux marginal : 30 %. Taux moyen : 7,6 %. La majeure partie du revenu reste taxée à 0 % et 11 %.

2 parts

Couple, 60 000 €

Quotient de 30 000 € par part, comme le célibataire : impôt par part identique, multiplié par deux, soit environ 4 572 €. Taux moyen toujours autour de 7,6 %.

3 parts

Couple + 2 enfants, 60 000 €

Quotient de 20 000 € par part : la dernière tranche n’est plus que 11 %. Impôt d’environ 2 873 €, soit un taux moyen d’environ 4,8 %. Les demi-parts des enfants font économiser près de 1 700 €.

Décote, plafonnement et mécanismes qui corrigent le résultat

Le barème seul ne donne pas l’impôt final. Plusieurs correctifs interviennent ensuite. La décote réduit, voire annule, l’impôt des foyers aux revenus modestes : juste au-dessus du seuil d’imposition, l’impôt théorique est diminué selon une formule dégressive, ce qui adoucit l’entrée dans l’imposition. À l’opposé, l’avantage du quotient familial est plafonné : les demi-parts liées aux enfants ne peuvent réduire l’impôt que dans une certaine limite par demi-part. Au-delà d’un certain niveau de revenu, l’économie d’impôt liée aux enfants est donc bornée. Les très hauts revenus, eux, peuvent être soumis à une contribution exceptionnelle qui s’ajoute au barème. Ces plafonds sont fixés chaque année et consultables, comme le calcul complet, sur le simulateur officiel d’impots.gouv.fr. Enfin, le taux moyen calculé à partir du barème sert aussi de base au prélèvement à la source : c’est lui qui détermine, en grande partie, le taux prélevé chaque mois sur vos revenus.

Les erreurs fréquentes sur le barème (à éviter)

Quelques fausses idées coûtent cher, soit en mauvaises décisions, soit en stress inutile. La première : croire que franchir une tranche fait imposer tout le revenu au taux supérieur. C’est faux, et cette croyance pousse certains à refuser une augmentation ou une heure supplémentaire — un calcul perdant à tous les coups. La deuxième : confondre taux marginal et taux moyen. Le taux marginal impressionne, mais c’est le taux moyen, plus bas, que vous payez réellement.

La troisième erreur : oublier de diviser par le nombre de parts, ce qui conduit à surestimer largement l’impôt d’un foyer. La quatrième : raisonner sur le salaire brut au lieu du revenu net imposable, après abattement. La cinquième, plus discrète : utiliser un barème d’une année précédente. Comme les seuils sont revalorisés chaque année, un vieux barème fausse le résultat.

À retenir sur le barème de l’impôt sur le revenu

Quatre repères suffisent à ne plus se tromper. Le barème est une grille progressive à cinq tranches, de 0 % à 45 %. Chaque euro n’est taxé qu’au taux de sa propre tranche, jamais davantage. On raisonne toujours après division du revenu net imposable par le nombre de parts. Et le barème est revalorisé chaque année, donc on vérifie les seuils en vigueur. Pour un montant exact, tenant compte de la décote, des parts et de vos réductions d’impôt, le simulateur officiel d’impots.gouv.fr reste la référence.

Combien y a-t-il de tranches dans le barème de l’impôt sur le revenu ?

Le barème compte cinq tranches, imposées à 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. La première tranche, à 0 %, exonère la part de revenu sous le premier seuil ; le taux de 45 % ne concerne que la fraction de revenu la plus élevée. La plupart des foyers n’atteignent que les tranches à 11 % ou 30 %.

Si je passe dans la tranche à 30 %, tout mon revenu est-il taxé à 30 % ?

Non, et c’est l’idée reçue la plus répandue. Seule la fraction de revenu située dans la tranche à 30 % est imposée à ce taux. Les tranches inférieures gardent leurs taux de 0 % et 11 %. Monter de tranche ne fait donc jamais baisser votre revenu net : vous gardez toujours plus qu’avant l’augmentation.

Quelle différence entre taux marginal et taux moyen d’imposition ?

Le taux marginal (TMI) est le taux de la dernière tranche que votre revenu atteint : il s’applique à un euro de revenu supplémentaire. Le taux moyen, lui, correspond à l’impôt total rapporté au revenu. Il est toujours plus bas que le taux marginal, car les premières tranches sont peu ou pas taxées.

Le barème est-il le même chaque année ?

Non. Les taux (0, 11, 30, 41 et 45 %) changent rarement, mais les bornes des tranches sont revalorisées presque chaque année dans la loi de finances, le plus souvent pour suivre l’inflation. Un barème d’une année antérieure donne donc un calcul faux : il faut toujours utiliser celui de l’année concernée.

Où calculer précisément mon impôt selon le barème ?

Le simulateur officiel sur impots.gouv.fr donne le calcul le plus fiable. Le barème seul ne suffit pas : le montant final dépend aussi du nombre de parts, de la décote pour les revenus modestes, du plafonnement du quotient familial et de vos éventuelles réductions ou crédits d’impôt.

Le barème ne vous donne pas un chiffre, il vous donne une logique : celle qui vous permet de comprendre votre imposition et d’anticiper l’effet d’un revenu supplémentaire en connaissance de cause.