Action Google en bourse
ce qu’il faut savoir avant d’investir
GOOGL, GOOG, PEA non éligible, risques réels : ce qu’il faut comprendre avant d’investir sur l’action Google, au-delà de la seule notoriété de la marque.
Investir dans « l’action Google » revient à acheter une action Alphabet Inc., cotée sous deux tickers (GOOGL avec droit de vote, GOOG sans droit de vote). Elle n’est pas éligible au PEA : il faut passer par un compte-titres ordinaire. Avant d’investir, mieux vaut regarder la dépendance à la publicité, le risque réglementaire et le risque de concentrer une part trop importante de son épargne sur une seule valeur.
- Deux tickers : GOOGL (avec droit de vote) et GOOG (sans droit de vote).
- Pas de PEA : société américaine, un compte-titres ordinaire est nécessaire.
- Trois risques à peser : dépendance publicitaire, réglementation, concentration du portefeuille.
- Alternative : un ETF sectoriel ou indiciel pour diversifier plutôt que miser sur une seule valeur.
Investir dans « l’action Google »
ce qu’on achète réellement
Quand on parle d’acheter de l’action Google en bourse, on achète en réalité une action Alphabet Inc., la société mère qui regroupe Google et plusieurs autres activités. Le détail compte, parce qu’Alphabet cote sous deux tickers distincts : GOOGL, qui donne un droit de vote aux actionnaires, et GOOG, qui n’en donne pas. Les deux suivent une valorisation très proche l’une de l’autre, mais elles ne représentent pas exactement la même chose pour un actionnaire. Un investisseur qui veut peser, même symboliquement, sur les décisions prises en assemblée générale choisira GOOGL plutôt que GOOG, quand son courtier propose ce choix.
Cette distinction est rarement expliquée alors qu’elle change ce que l’on possède réellement une fois l’ordre passé. Beaucoup d’investisseurs découvrent l’existence des deux classes d’actions après leur premier achat, en cherchant à comprendre pourquoi leur relevé de compte affiche un ticker différent de celui vu dans la presse économique.
Comment acheter l’action depuis la France
Premier point à vérifier avant toute chose : les actions américaines ne sont pas éligibles au PEA (plan d’épargne en actions). Le PEA est réservé aux titres de sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, ce qui exclut Alphabet, société de droit américain. Pour investir sur cette valeur, il faut donc passer par un compte-titres ordinaire, qui n’offre pas les mêmes avantages fiscaux que le PEA mais permet d’accéder à l’ensemble des marchés internationaux, dont le Nasdaq où l’action est cotée.
Une fois le compte-titres ouvert chez un courtier, trois points méritent d’être vérifiés avant de passer un ordre.
Frais de courtage
Les tarifs appliqués sur les marchés américains diffèrent souvent de ceux pratiqués sur Euronext Paris : à comparer avant d’ouvrir un compte-titres.
Fiscalité des titres étrangers
Les dividendes et plus-values sur titres américains suivent des règles liées à la convention fiscale franco-américaine, à vérifier auprès de son courtier ou d’un conseiller.
Risque de change
L’action est cotée en dollars : une partie de la performance convertie en euros dépend du taux de change, indépendamment du cours de l’action.
Ce qui fait bouger le cours, au-delà de la réputation de la marque
Alphabet reste une entreprise dont l’activité, historiquement, dépend fortement de la publicité en ligne, principalement via la recherche Google et YouTube. Les résultats trimestriels liés à cette activité publicitaire pèsent donc lourd dans la perception du marché. À côté, l’activité cloud (Google Cloud) prend une place croissante et suit une dynamique différente, plus proche de celle des autres grands fournisseurs de services cloud professionnels. Alphabet investit également dans des projets plus expérimentaux, régulièrement présentés dans la communication du groupe, dont la contribution financière reste marginale comparée aux deux activités précédentes.
Comprendre cette structure aide à lire les annonces de résultats autrement qu’à travers le seul prisme de la marque grand public : une bonne nouvelle sur la publicité et une mauvaise nouvelle sur le cloud, ou l’inverse, n’ont pas le même poids ni la même lecture pour un investisseur.
Les risques propres à ce type d’investissement
Trois risques concrets méritent d’être posés avant d’investir.
Dépendance publicitaire
Une bonne part du chiffre d’affaires du groupe reste liée aux dépenses publicitaires des annonceurs, elles-mêmes sensibles au climat économique général.
Risque réglementaire
Alphabet fait l’objet de procédures et d’enquêtes de la part d’autorités de concurrence dans plusieurs juridictions, dont l’issue et le calendrier restent difficiles à anticiper.
Concentration du portefeuille
Une action connue et rassurante de nom pousse parfois à y consacrer une part disproportionnée de son épargne, au détriment d’un portefeuille réparti sur plusieurs valeurs.
Ces trois risques ne s’excluent pas entre eux : une procédure réglementaire peut peser sur le cours au moment même où les résultats publicitaires ralentissent, ce qui amplifie une baisse qui aurait pu rester limitée si un seul facteur jouait. Un investisseur qui débute a intérêt à se demander non pas seulement si l’un de ces risques va se matérialiser, mais ce qu’il ferait si plusieurs se cumulaient sur une position qui pèse lourd dans son portefeuille.
Miser sur une seule action ou diversifier
Investir directement sur Alphabet suppose d’accepter le sort d’une seule entreprise, aussi solide soit-elle en apparence. Une alternative, ou un complément, consiste à passer par un ETF sectoriel technologique ou par un ETF indiciel qui inclut Alphabet parmi d’autres valeurs, plutôt que de miser sur elle seule. Cette approche réduit l’exposition à un événement propre à l’entreprise (une décision de justice, un changement de direction, un ralentissement du marché publicitaire) au profit d’une performance plus liée à l’ensemble d’un secteur ou d’un marché.
Concrètement, la différence se voit surtout en cas de mauvaise nouvelle propre à l’entreprise : une décision de justice défavorable ou un trimestre publicitaire décevant fait chuter une action isolée bien plus qu’un ETF qui répartit ce même choc sur des dizaines, voire des centaines de valeurs. À l’inverse, la performance d’un ETF reste plus mesurée en cas de très bon trimestre isolé de l’entreprise, puisque son poids dans l’indice demeure limité. Le choix entre les deux dépend du niveau de risque que chacun est prêt à assumer, et ne se décide pas de la même façon selon qu’on investit une somme ponctuelle ou qu’on construit une épargne régulière.
Erreurs fréquentes des débutants sur ce type de valeur
La première erreur consiste à investir uniquement parce que le nom est familier, sans se poser la question du prix payé par rapport aux perspectives réelles de l’entreprise. La deuxième touche au choix du ticker : ouvrir une position sans savoir si l’on a acheté GOOGL ou GOOG, et découvrir après coup la différence. La troisième concerne le PEA : tenter d’y loger l’action, échouer, puis ouvrir dans la précipitation un compte-titres mal comparé en frais. La dernière, enfin, porte sur le risque de change, souvent oublié au moment de l’achat et qui ressurgit au moment de calculer la performance réelle une fois convertie en euros.
Peut-on acheter l’action Google avec un PEA ?
Non. Le PEA est réservé aux actions de sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen. Alphabet, société américaine, n’y est pas éligible : il faut passer par un compte-titres ordinaire.
Quelle est la différence entre GOOGL et GOOG ?
GOOGL donne un droit de vote en assemblée générale, GOOG n’en donne pas. Les deux suivent une valorisation proche, mais ne représentent pas exactement les mêmes droits pour l’actionnaire.
Le cours de l’action Google dépend-il uniquement de la publicité ?
C’est un facteur important mais pas le seul : l’activité cloud pèse de plus en plus dans les résultats, aux côtés d’autres projets présentés régulièrement dans la communication du groupe, dont la contribution reste plus marginale.
Faut-il tout miser sur une seule action comme Google ?
Ce choix expose davantage à un événement propre à l’entreprise. Un ETF sectoriel ou indiciel qui inclut Alphabet parmi d’autres valeurs permet de réduire cette concentration, au prix d’une performance moins directement liée à cette seule entreprise.
Le taux de change a-t-il un impact sur cet investissement ?
Oui : l’action est cotée en dollars, donc une partie de la performance ou de la perte, une fois convertie en euros, dépend de l’évolution du taux de change entre les deux devises, indépendamment du cours de l’action lui-même.
Le nom est familier, le placement ne l’est pas forcément : Alphabet reste une entreprise soumise aux mêmes questions que n’importe quelle valeur, à commencer par celle de la part qu’on est prêt à lui laisser prendre dans son épargne.