Investissement · Bourse

Bourse chez Boursorama (BoursoBank)

frais réels et enveloppes

La gratuité promise sur les ordres est conditionnée : voici ce qu’elle couvre vraiment.

Graphiques boursiers affichés sur l'écran d'un ordinateur portable, à côté d'une tasse de café
Réponse rapide

Boursorama commercialise désormais son offre bourse sous le nom BoursoBank. Le courtage plafonne à 0,5 % de l’ordre sur PEA comme sur compte-titres, sans droits de garde, et l’offre BoursoMarkets rend les ordres sans frais au-delà de 500 euros. En dessous de ce seuil, le tarif plafond légal s’applique normalement.

  • BoursoBank : nouveau nom de marque de Boursorama, même service bourse.
  • 0,5 % de l’ordre : taux de courtage plafonné par la loi, PEA comme compte-titres.
  • Seuil de 500 € : montant à partir duquel l’ordre devient sans frais via BoursoMarkets.
  • 0 droit de garde sur les deux enveloppes, quel que soit le montant détenu.

Boursorama, BoursoBank

de quoi parle-t-on exactement

Boursorama, la banque en ligne bien connue pour ses comptes courants sans frais, commercialise désormais son offre sous le nom BoursoBank. Le changement de marque déroute parfois les épargnants qui cherchent encore « Boursorama » dans leur moteur de recherche ou leur application mobile : il s’agit bien de la même structure, avec le même service bourse, simplement renommé.

Ce qui nous intéresse ici, ce n’est pas la banque au quotidien, mais l’offre bourse à proprement parler : la possibilité d’ouvrir un plan d’épargne en actions (PEA) ou un compte-titres ordinaire (CTO) pour investir sur des actions, des ETF ou d’autres valeurs cotées, directement depuis son espace client. C’est une offre intégrée au compte bancaire, ce qui simplifie la vie de qui a déjà un compte courant chez ce même établissement, sans obliger à ouvrir une relation avec un courtier tiers.

PEA ou compte-titres

quelle enveloppe choisir

Le choix entre PEA et compte-titres ordinaire dépend surtout de ce qu’on veut acheter et de l’horizon fiscal visé. Le PEA se limite aux actions européennes et à certains fonds éligibles, avec en contrepartie un cadre fiscal avantageux après cinq ans de détention : les plus-values échappent à l’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restent dus. C’est l’enveloppe naturelle pour qui construit une épargne actions sur plusieurs années, sans viser des marchés hors zone euro.

Le compte-titres ordinaire, lui, n’a aucune limite géographique : actions américaines, asiatiques, ETF sectoriels, obligations — tout y passe, sans plafond de versement contrairement au PEA. La contrepartie, c’est une fiscalité moins favorable sur les plus-values, imposées au prélèvement forfaitaire unique dès la première année.

CritèrePEACompte-titres
Titres éligiblesActions européennes, fonds éligiblesSans limite géographique
Plafond de versementOuiAucun
Fiscalité plus-valuesExonération IR après 5 ansPrélèvement forfaitaire dès la 1ère année
Frais de courtage0,5 % plafond légal0,5 % plafond légal

Concrètement, un investisseur qui vise surtout de grandes entreprises françaises ou européennes, et qui compte laisser son argent investi plusieurs années, a peu de raisons d’ouvrir autre chose qu’un PEA au départ : l’avantage fiscal à cinq ans dépasse largement l’intérêt d’un compte-titres pour ce même usage. À l’inverse, quelqu’un qui veut se positionner dès le premier jour sur des valeurs américaines ou asiatiques n’a pas le choix : ces titres sont simplement inéligibles au PEA, et le compte-titres devient la seule option, indépendamment de toute considération fiscale.

Les frais de courtage, en détail

Sur le PEA, le courtage s’établit au taux maximum autorisé par la réglementation, soit 0,5 % du montant de l’ordre, sans minimum de frais annoncé : un ordre de 1 000 euros coûte donc autour de 5 euros, un ordre de 5 000 euros autour de 25 euros. Aucun droit de garde annuel n’est prélevé, que ce soit sur le PEA ou sur le compte-titres — un point qui compte pour qui investit sur le long terme sans faire beaucoup de mouvements, puisque les frais de conservation chez certains établissements traditionnels peuvent grignoter le rendement chaque année, même sans aucune transaction.

Le compte-titres ordinaire suit une logique de frais comparable, sans droits de garde non plus. La différence se joue surtout sur l’offre BoursoMarkets, pensée pour réduire le coût des ordres les plus courants.

Ce que l’offre gratuite BoursoMarkets couvre vraiment

L’argument commercial le plus visible reste l’absence de frais de courtage via le programme BoursoMarkets. Dans les faits, cette offre est conditionnée : elle s’applique aux ordres qui dépassent un montant seuil, fixé à 500 euros. En dessous de ce seuil, le tarif au taux plafond s’applique normalement. Ce détail change beaucoup la donne pour qui investit par petits montants réguliers plutôt que par gros ordres ponctuels : un versement programmé de 100 euros par mois ne bénéficiera pas de cet avantage, alors qu’un ordre ponctuel de 1 000 euros en profitera pleinement.

Repère chiffré

Un ordre de 400 euros passé sous le seuil coûte environ 2 euros au taux plafond légal — une somme modeste en valeur absolue, mais qui représente 0,5 % du capital investi prélevé dès l’achat, avant même que le titre ait bougé. Répété sur douze versements dans l’année, l’écart entre rester systématiquement sous le seuil et regrouper ses versements devient significatif à l’échelle d’une année d’épargne.

C’est une nuance que beaucoup d’avis en ligne passent sous silence, en présentant l’offre sans préciser la condition de montant. Avant de choisir une stratégie d’investissement régulier par petites sommes, mieux vaut vérifier le seuil en vigueur au moment de l’ouverture du compte, car ce type de condition commerciale peut évoluer.

Pour quel profil d’investisseur cette offre a du sens

Le bon choix dépend surtout de la fréquence et du montant des ordres passés, pas seulement du montant total investi.

Débutant, ordres ponctuels

Offre bien adaptée

Pas de droits de garde, courtage plafonné, interface intégrée au compte bancaire déjà connu. L’essentiel est couvert pour des ordres plutôt supérieurs à quelques centaines d’euros.

Versements réguliers et modestes

À anticiper

Regrouper plusieurs mois d’épargne avant de passer un ordre plus conséquent permet souvent de rester au-dessus du seuil de gratuité, plutôt que de multiplier les petits ordres facturés.

Trading actif, ordres fréquents

À comparer ailleurs

D’autres courtiers spécialisés en trading actif proposent parfois des grilles tarifaires plus adaptées au volume — un point à comparer précisément selon sa fréquence réelle d’ordres.

Reste un dernier repère, souvent oublié dans les comparatifs : l’intégration au compte bancaire courant. Pour qui a déjà ses comptes chez ce même établissement, la bascule vers l’offre bourse se fait sans nouvelle procédure d’identité, sans nouveau RIB à fournir ailleurs, et avec une vision consolidée de son épargne au même endroit. Ce confort ne remplace pas une comparaison de frais rigoureuse, mais il pèse dans la décision pour qui cherche avant tout à simplifier sa gestion plutôt qu’à optimiser chaque euro de courtage.

Boursorama a-t-elle changé de nom ?

Oui, l’établissement commercialise désormais ses offres, y compris la bourse, sous le nom BoursoBank. Il s’agit de la même structure et du même service : seule la marque a changé.

Le PEA chez Boursorama est-il vraiment gratuit ?

Pas totalement. Le courtage plafonne à 0,5 % du montant de l’ordre et aucun droit de garde n’est prélevé, mais l’absence totale de frais via l’offre BoursoMarkets ne s’applique qu’aux ordres supérieurs à 500 euros. En dessous, le tarif plafond légal s’applique.

Faut-il choisir un PEA ou un compte-titres pour investir chez Boursorama ?

Le PEA convient pour des actions européennes détenues plusieurs années, avec un avantage fiscal après cinq ans. Le compte-titres est nécessaire dès qu’on veut investir sur des titres hors zone euro, comme des actions américaines ou asiatiques, non éligibles au PEA.

Boursorama convient-elle pour débuter en bourse ?

Oui pour un profil qui passe des ordres plutôt supérieurs à quelques centaines d’euros et veut regrouper banque et bourse au même endroit. Pour des versements très réguliers et modestes, mieux vaut anticiper le seuil de gratuité pour éviter des frais répétés.

Une offre bourse « gratuite » se mérite toujours un peu de calcul : chez Boursorama comme ailleurs, c’est le montant de l’ordre qui décide, pas le slogan.